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La perméabilité des espaces

Elle consiste à créer des zones contiguës d’activités calmes, ludiques ou d’apprentissages, qui communiquent les unes avec les autres, dans l’objectif de rendre visible une diversité de pratiques et de créer du lien entre elles.

Aujourd’hui, en France, la conception des environnements scolaires favorise la disposition d’espaces compartimentés et séparés physiquement les uns des autres. Les usages sont prédéfinis et distincts. En conséquence, un enfant présent sur un terrain de jeux collectifs n’est pas encouragé à communiquer avec un.e écolier.e jouant aux billes qui lui-même ne parlera pas à un jeune fréquentant, au même moment, le CDI.

Or, permettre la perméabilité des espaces, c’est créer une nouvelle continuité entre les pratiques. Dans ce contexte-là, des univers habituellement opposés s’entremêlent, rendant toutes les pratiques visibles aux yeux de chacun.e. Penser la perméabilité des usages, c’est aussi penser une cour qui évolue au fil des saisons en questionnant le dedans/dehors. L’enfant peut alors jouer ou lire au milieu des autres.

Puisqu’il est entouré de ses pairs (et que ses pairs sont rendus visibles), il interagit plus facilement avec eux. Il fait société, même dans la  cour de récréation. Il est invité à sortir de sa zone de confort et à s’ouvrir à d’autres pratiques. Sa carte mentale lui indiquant, habituellement, que les terrains de jeux collectifs sont des zones “fermées”, sera élargie. Le fait que le CDI soit forcément un espace isolé à l’intérieur du bâtiment (et dans l’imaginaire : réservé à certains élèves seulement) pourra être remis en question. Car lorsque les espaces sont pensés comme des lieux perméables, la corde à sauter côtoie le frisbee et l’atelier de dessin jouxte un terrain de foot. Une expérience inédite et stimulante à vivre !

Deux exemples :

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1. Lorsque nous travaillons à partir des plans d’architectes pour la construction ou la restructuration de collèges, nous consacrons toujours un moment à penser la perméabilité des différents espaces, car penser le lien entre tous ces lieux revient à penser le lien entre des pratiques traditionnellement opposées (ou simplement indépendantes) et de ce fait, à travailler la relation humaine. Comme sur le schéma ci-dessus, la perméabilité entre tous ces mondes se fait généralement au sein de la cour, car elle constitue le cœur de l’établissement, là où tou.te.s sont en mesure de se rencontrer.

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2. Créer des lieux de danse et de jeu collectif sur un espace perméable permet de constater que les ambiances se mêlent. Par exemple, lors des expérimentations à l’école Paul Langevin (Les Lilas), la danse était accolée au foot. Les joueurs de foot (encore majoritairement des garçons au moment des expérimentations) esquissent des mouvements de danse et sont attentifs à ne pas perturber l’espace des danseur.ses : la musique se diffuse sur l’ensemble de la cour et change les pratiques. Ainsi, la perméabilité de ces espaces a permis de créer du lien entre filles/garçons, petit.e.s/grand.e.s, “jeux de filles”/”jeux de garçons”. À un autre moment, des filles dessinaient ou jouaient à l’élastique en s’appuyant sur les cylindres en béton jouxtant le terrain : même constat. Des garçons ont alors porté un premier intérêt sur ces différentes pratiques (et inversement), car la relation était rendue possible.

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