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Le discours non limitant

Il consiste à ne pas orienter les jeunes vers des usages sexués des espaces et à mettre en place des stratégies pour dépasser la catégorisation binaire filles/garçons.

« Chaque acte a son importance, qui permet de lever les discriminations, les occultations des « êtres humains que sont les femmes », de déconstruire les anciennes représentations pour retrouver la mémoire ou la construire autre en produisant de nouveaux savoirs, de nouvelles images et par là de nouvelles potentialités pour chaque une, chaque un. »

Anne-Marie Houdebine

Les mots ont un impact. Aujourd’hui, le discours prédominant invisibilise les femmes, minimise leurs expériences, réduit les possibles et façonne notre manière de percevoir la réalité. Par exemple, l’expérience “Girl toys vs boy toys” menée par la BBC en 2017 montre que les adultes ne s’adressent pas de la même manière aux enfants selon leur genre présumé. Ils adoptent des comportements différenciés (le ton de voix varie, les jeux proposés ne sont pas les mêmes, idem pour les couleurs, les adjectifs utilisés, etc.) et n’imaginent pas les mêmes ressentis selon que le bébé soit une fille ou un garçon. On peut alors supposer que ces éléments de posture et de langage modifient l’interaction des enfants avec leur environnement en fonction de leur sexe. Lorsqu’iels prennent du recul sur cette expérience, les adultes expliquent qu’iels n’avaient pas réalisé qu’iels agissaient de la sorte. En effet, ces actions sont le fruit d’un apprentissage qui nécessite aujourd’hui d’être déconstruit.

À l’école, le discours des adultes et la signalétique sont des éléments qui peuvent évoluer. À la place du « terrain de foot », pourquoi ne pas utiliser le terme « zone d’activités collectives » ? À la place des toilettes associées à des pictogrammes genrés et stéréotypés, pourquoi ne pas instaurer des w.c. désignés par leur fonction première : “toilettes” (éventuellement surmontés de symboles neutres) ?

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Source : Ada Sign Depot - All Gender Restroom Signs

Avec un discours discriminant (parfois sans le conscientiser ou le vouloir), on induit des comportements différenciés et des limitations dans la relation. Une anecdote nous le rappelle. Lorsque nous travaillions sur une école, une fille jouait seule à l'élastique et cherchait un.e partenaire de jeu. Lorsqu'elle en fit part à une professeure, celle-ci lui répondit : « va chercher une copine ». Cela peut paraître anodin, mais pourquoi suggérer une copine plutôt qu’un copain ? Cela nous renvoie à la notion n°7, “la rencontre en mixité”, dans laquelle nous évoquons une amitié stigmatisée entre filles et garçons.

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Certains réflexes peuvent être facilement intégrés aux discours des adultes. Dans un premier temps : « féminisez les noms de métiers, les titres et les fonctions »,  « exprimez le féminin ET le masculin dans les énoncés parlant des deux genres, sous forme de doublets », « privilégiez l'utilisation de mots épicènes et de termes englobants pour désigner un ensemble mixte de manière à ne pas souligner l’appartenance à un genre », comme nous le suggère le “Petit Guide d’écriture inclusive” développé par le magazine engagé La Déferlante (visuel ci-dessous).

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Une autre préconisation vise à laisser les enfants nommer eux-mêmes les espaces qu’ils investissent. Par exemple, à l’école des Lilas, ils ont prénommé certaines zones : « la Pyramide », “les bosses” ou encore « l’arbre de la fraternité ».

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