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Lexique POST - 6 - Le partage des espaces (2).png

Le partage égalitaire des lieux

Il signifie que l’on apprend à négocier les usages d’un lieu et que l’on attribue à chaque zone d’activité la même dimension “physique”. Ce faisant, on leur confère un statut similaire.

Généralement, un terrain de football occupe à peu près 80 % de la cour de récréation d’une école. Or, comme le souligne l’Unicef, dans un rapport daté de 2018 sur les inégalités filles-garçons : « la cour de récréation illustre la séparation des sexes à l’école, notamment en primaire, par la place qu’occupent les filles et les garçons. » Et si l’aménagement des espaces scolaires conditionne les rapports sociaux entre filles et garçons, mais aussi le regard que chacun.e porte sur soi, le partage égalitaire devient un enjeu majeur.

Pour mieux analyser cette dynamique de partage des lieux, on peut circuler en observant certains faits : quelles sont les zones les plus vastes dédiées aux loisirs ? À quelles activités sont-elles assignées ?  Ce type de loisir participe-t-il à la reproduction de rapports équilibrés et justes entre filles et garçons ?

Afin de pallier ce déséquilibre, il est d’abord question de créer des zones d’activités de tailles similaires. Le découpage en différentes zones d’ambiance - zone(s) dynamique(s), zone(s) intermédiaire(s) et zone(s) calme(s) - permet de rééquilibrer l’organisation des m². Il est aussi question de négocier ensemble les usages des différents espaces, qui pourraient sembler exclusifs ou acquis pour certains. De manière imagée, partager, c’est éviter de garder un gâteau rien que pour soi. En réalité, cela suppose de choisir collectivement la saveur d’un gâteau et de le découper en parts égales, en fonction des appétences de chacun. Les enfants partagent leur espace avec d’autres : il s’agit alors de les amener vers une pratique collective concertée (à quoi on joue, qui joue, où et comment se fait le jeu), vers une souplesse des usages et une perméabilité des espaces (voir notion n°5).

Deux exemples :

Les Lilas _ Plan.png

Visuel : Cour de l'école des Lilas - Plan initial

Les Lilas _ Proposition B.png

Visuel : Cour de l'école des Lilas - Un des deux plans d'expérimentations proposés,

discuté et modifié avec les équipes par la suite

1. À l’école Paul Langevin des Lilas, en Seine-St-Denis, le partage des espaces de la cour était très inégalitaire. Ceci était, en grande partie, dû à l’architecture du lieu : un plateau central surélevé proposait quatre terrains, majoritairement dédiés à la pratique du football. Nous avons alors travaillé sur un meilleur partage de l’espace. Il n’était pas question d’interdire le foot, il a néanmoins fallu rétablir un équilibre spatial pour permettre l’émergence d’autres usages. Sur les quatre terrains, deux d’entre eux permettent encore aujourd’hui la pratique du foot (sous une forme alternative) tandis que les deux autres sont réservés à d’autres pratiques.

L'ARObE - Les Bosquets - Edith Maruéjouls Célia Ferrer.jpg

2. Lorsqu’un espace est automatiquement “pris d’assaut” et qu’il empêche toute forme de négociation, certains outils peuvent être mis en place (par les enfants eux-mêmes ou par les équipes). Par exemple, à l’école des Bosquets (Mérignac), nous avons expérimenté une roue qui propose des jeux - préalablement testés et approuvés par les enfants - de façon aléatoire pour définir l’activité collective du jour sur tel ou tel espace. Ici, la notion de renoncement est également importante. Ce type de dispositif encourage par ailleurs la créativité des élèves en permettant de varier les activités mises en place.

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